forex trading logo

Nouvelles

 

 

15/09/2011 Challenges

"Le port du Havre n’est pas à vendre"

 

INTERVIEW Comment interpréter le rachat par un entrepreneur chinois d'entrepôts dans le premier port de France ? Certains y ont vu un premier pas vers une main-mise de la Chine sur Le Havre. Hervé Cornède, directeur commercial du port remet les pendules à l'heure.

Hsueh Sheng Wang, PDG d’Eurasia, vient de racheter 40 000 m² d’entrepôts dans le port du Havre. Qu’a-t-il l’intention d’y faire ?

M. Wang n’est pas un logisticien, c’est un investisseur. Il a l’intention de faire un show room pour présenter des produits chinois, et a racheté des entrepôts sur un friche industrielle, situé à l’interface entre la ville et le port, qui, lui, compte 1,6 millions de m² d’entrepôts le long de ses 36 km (et 4 km de large). Ce n’est donc pas, comme la presse a pu le titrer, "le rachat du port du Havre par les Chinois".


Quelle est l’influence de la Chine dans le port du Havre ?

L’Asie représente près des deux-tiers de nos flux : 60% des navires qui passent dans le port du Havre viennent d’Asie ou y repartent – et la moitié vont ou viennent de Chine. Nous sommes reliés à tous les ports chinois. Sont aussi présents au port du Havre des armateurs chinois (China Shipping Container Lines, COSCO mais aussi les armements asiatiques APL/NOL, OOCL, Evergreen…), des logisticiens (Kerry Logistics, Cosco Logistics… ainsi que Tramar qui a récemment conclu une joint venture avec le groupe Brilliance, qui fabrique des voitures). Nous avons un lien historique avec l’Asie.


Est-ce que l’on peut imaginer que les Chinois, un jour, rachètent tout ou partie du port du Havre ?

Les ports sont des marchés ouverts, donc ce n’est pas impossible techniquement. Mais le port du Havre n’est pas à vendre ! Et d’ailleurs, aucun Chinois ne nous a jamais posé la question. Ils sont plutôt à la recherche de partenaires en Europe – et beaucoup se recentrent, en ce moment, sur leur propre marché intérieur. En outre, le leadership mondial du transport maritime de marchandise et de la logistique est européen.


Chez les armateurs, le n°1, Maersk, est danois, le n°2, MSC, est italien, et le n°3, CMA CGM, est français. Chez les logisticiens, le n°1, DHL, est allemand, le n°2, Kühne + Nagel, est suisse, et le n°3, DB Schenker, est allemand… Certes, les Chinois montent en puissance, mais ils sont encore très loin derrière : le chiffre d’affaires de DHL est de 46,2 milliards d’euros (2010), celui de Cosco, le n°1 chinois, de 1,2 milliards d’euros.


Propos recueillis par Anna Rousseau




 

Commercial

Logistique

Bureaux

Hôtellerie

Services


©2009 www.eurasiagroupe.com | Mentions légales | Crédits